Korhogo

Korhogo : découverte avec TripAfrique

Korhogo est située dans le district des savanes au Nord de la Côte d’Ivoire, précisément à 635 km de la ville d’Abidjan. Elle appartient à la région du Poro dont-elle est le chef-lieu, sa  superficie est de 12 500 km2 pour 245 000 habitants, soit 3,9% du territoire ivoirien. Korhogo est un département riche en sites et attractions touristiques, pour mieux l’apprécier, allons à sa découverte avec TripAfrique.

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Présentation de la ville de Korhogo

Le nom « Korhogo » vient du vocable sénoufo « korhgo » qui signifie en langue vernaculaire «héritage ou fortune ». Ce nom prend son sens dans l’historique de la création de cette ville. En effet la cité du Poro a été fondée entre le 14e et 18e siècle par le patriarche Soro Naguin, ancien captif du puissant royaume de Kong. Ayant échappé à la surveillance de ses geôliers, le guerrier Soro s’éloignait le plus loin possible du puissant royaume de Kong et déboucha sur une terre paisible qui devint plus tard la ville de Korhogo. C’est une ville cosmopolite qui est composée d’autochtone sénoufo, d’allochtone venant des autres régions et des ressortissants des pays de la CEDEAO, notamment le Mali, le Burkina Faso et la Guinée. Au plan économique Korhogo tire principalement ses ressources de l’agriculture et de l’élevage.

Les cultures du coton appelé aussi l’or blanc et de l’anacarde sont en tête de liste, ensuite viennent celles des cultures vivrières. Au niveau de l’élevage, l’activité est à la fois traditionnelle et moderne, elle est axée sur les bovins, les caprins, les porcins, les ovins et la volaille. A ces activités agricoles s’ajoute le commerce qui représente la seconde activité de la région. Les ressources économiques de Korhogo ne viennent pas uniquement de l’agriculture, de l’élevage et du commerce, il existe une autre ressource non négligeable, c’est le tourisme. Voici donc quelques sites touristiques de la cité du Poro, sélectionnés par TripAfrique pour le bonheur des visiteurs.

Musée Péléforo Gbon Coulibaly

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Le musée Péléforo Gbon Coulibaly est situé au quartier Soda. Qui est Péléforo Gbon Coulibaly ?  Péléforo Gbon Coulibaly est un des dignes descendants de Soro Naguin le patriarche fondateur de Korhogo. Gbon Coulibaly ou Korhogo Gbon fut un homme célèbre pour sa pratique du dialogue et de la paix en tout temps et en tout lieu. C’était un humaniste, animiste de naissance devenu musulman par la suite. Il devint Gbon Coulibaly au lieu de Gbon Soro. Il marqua non seulement son temps mais l’histoire de la Côte d’Ivoire à côté du président fondateur Félix Houphouët Boigny. C’est lui qui a inspiré Houphouët Boigny dans la pratique et la recherche de la paix.

Ce musée lui est dédié pour pérenniser son œuvre et le garder dans l’esprit et le cœur de ses fils et petits-fils. Il est composé de six pièces d’exposition dont une exclusivement consacrée au patriarche. Les autres salles sont réparties comme suit : la salle de collection de vieilles photographies qui retracent l’histoire de la Côte d’Ivoire de l’époque coloniale à celle postcoloniale. La salle des instruments de musique sénoufo, celle des masques et statuettes, des textiles et poteries et enfin la salle des documents et archives culturels sur le patrimoine local.

Tous ces éléments sont un témoignage vivant de la riche culture sénoufo que TripAfrique a bien voulu partager avec vous. Ce sont entre autre le centre artisanal UGAN, les différents villages d’artisans et quelques objets sacrés et danses traditionnelles.

Le Centre artisanal UGAN (Union des groupements d’Artisans du Nord)

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Le centre artisanal UGAN a été fondé en 1986 dans la commune de Korhogo. Il a débuté timidement en 1975 avec un petit groupe de tisserands ayant la volonté de mettre en commun leurs intérêts pour rentabiliser leurs activités. Il est situé en face du château d’eau  et regroupe près d’un millier d’artisans  installés dans les villages environnants de Korhogo.

C’est un centre d’exposition vente d’objets d’art du Nord fait à base de tissu, de toile, de bois sculpté, de poterie, etc. ces objets ont une spécificité en ce sens qu’ils correspondent à un groupement d’artisans donnés. Par exemple les poteries viennent d’une association de femmes qui filent aussi le coton, tissent et font du crochet, on a aussi des hommes tisserands, des sculpteurs de bois, des peintures sur tissu, des forgerons de bronze, etc.

Le centre à un atelier de menuiserie réservé aux artisans qui veulent conserver et promouvoir l’artisanat ancestral.  Autrefois typiquement traditionnel et orienté vers les clients et touristes d’ailleurs, Les créations de l’UGAN se sont adaptées aux besoins de clientèle urbaine. On peut voir dans cette nouvelle production des tissus et articles à l’effigie des stars nationales et internationales, dont les plus populaires sont les méga stars du reggae Alpha Blondy, Tiken Jah et Bob Marley. Outre le centre artisanal UGAN, on a les villages d’artisans autour de Korhogo.

Les villages d’artisans

Ce sont les villages de : Kosambarga, Waraniéré, Fakaha, Lataha et Niofoin.

Kosambarga est un village de Korhogo reconnu par la qualité de ses  forgerons et de sa célèbre mosquée construite en banco date du XVIIe siècle.

Waraniéné est un village situé à 5 km du centre-ville de Korhogo, il est réputé pour l’originalité de ces objets d’art et plus particulièrement le fameux boubou senoufo.

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Ils sont faits dans des matériaux purement naturels. Le processus de fabrication obéit à des étapes. La première est celle des fileuses traditionnelles qui transforment le coton en fil, ensuite vient l’étape des tisserands qui assemblent et tissent les fils avec leur métier à tisser et enfin la dernière étape qui celle des couturiers qui créent les modèles en fonction des différents motifs obtenus. On y trouve des modèles d’hommes, de femmes et d’enfants. A ces habits s’ajoutent des nappes, des sacs et d’autres objets d’art. Les objets d’art en terre cuites sont fabriqués à base d’argile et les couleurs sont obtenues grâce aux extraits de racines, d’écorces et de feuilles. La quasi-totalité des produits de ce village est faite de manière traditionnelle, par des artisans locaux et par des matériaux de dame nature. Après le village de Waraniéné, le cap est mis sur le village de Fakaha.

Fakaha : est un village situé à 35 km de Korhogo sur la route de Napié, il est célèbre pour ses toiles peintes faites de motifs senoufo. En effet ce sont des tissus fabriqués de façon traditionnelle avec des motifs qui exposent les symboles essentiels et importants de la culture sénoufo. Ces toiles sont constituées de petites bandelettes de coton tissé, d’une dizaine de centimètres de large et plusieurs centimètres de long, cousu les unes aux autres. Les motifs décoratifs sont ensuite peints aux pigments naturels avec de petits bâtonnets de bois. Après Fakaha, la prochaine attraction reste le boloye de la localité de Lataha.

Lataha est une localité située à 12 km de Korhogo sur l’axe Korhogo – Ferké. Lataha est réputée pour son boloye ou la danse des hommes panthères. Selon les sages du village, cette danse était à l’origine exécutée par les gamins, mais elle fut plus tard améliorée et perfectionnée par les adultes pour le grand bonheur des spectateurs.

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Le boloye est une danse à caractère sacré, en effet des instruments à la danse en passant par les joueurs de calebasses ou « bolons » en langue sénoufo, sur lesquelles sont fixées des cordes en peau et des hochets, toutes ces personnes sont initiées. L’âge des danseurs varie entre huit et quinze ans et leur nombre oscille entre deux et cinq . Autrefois cette danse était exécutée pendant les funérailles, mais de nos jours elle est devenue une danse de réjouissance, malgré cela elle garde son caractère sacré. En plus du côté sacré le boloye est une danse mystique, en effet le peuple sénoufo est cultivateur et les cultures pour bien germer ont besoin de pluie, alors en cas de pénurie, les cultivateurs ont souvent recours à la danse boloye pratiquée de façon exceptionnelle pour des besoins mystiques. TripAfrique a ajouté  cette attraction touristique à sa liste pour vous permettre de découvrir la splendeur et le côté acrobatique du boloye, juste après cela, la compagnie vous présente le village de Niofoin.

Niofoin : c’est un village qui est situé à une soixantaine de kilomètres de la capitale de la région du poro, sur la route Korhogo – Boundiali. Malgré qu’il soit devenu un chef-lieu de sous-préfecture, Niofoin n’a jamais pu se séparer de son image de petit village pour devenir une ville. Pour répondre au besoin de modernisme de sa population, Niofoin a concilié les deux styles de vie. En effet Niofoin tire son originalité et son authenticité dans la qualité de ses constructions traditionnelles qui résistent à l’urbanisation moderne. La particularité de ces cases réside dans les matériaux utilisés. Ce sont des cases rondes faites en banco ou en terre, aux toits de chaume, rapprochées les unes aux autres. Les plus célèbres sont les cases-monuments sacrés « le Diby et le Kalegbin ».

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Effectivement ces deux monuments ont une architecture exceptionnelle et fascinante dont la vue captive et inspire le respect et l’admiration à l’égard de ces concepteurs et réalisateurs. Ils sont érigés à la place kafounda ou l’on expose les morts pour le jugement dernier. Le premier monument fétiche, le Diby est un fétiche noir qui a sauvé le village pendant l’invasion des ennemis et le second, le kalegbin a pour rôle de protéger les villageois contre les épidémies, malédiction, sortilège et autres attaques mystiques. A ces deux monuments sacrés, TripAfrique a associé un troisième monument qui cette fois ci est une cérémonie initiatique essentielle et indispensable en pays sénoufo, c’est l’âme de la culture sénoufo : le poro.

Le PORO : c’est un rituel initiatique obligatoire à tout jeune sénoufo parce qu’il est le fondement de la vie sociale, religieuse et politique du sénoufo.  Il dure toute une vie et il est réparti en sept étapes. L’initiation au poro commence dès l’âge de sept ans jusqu’à l’âge de vingt-huit ans. C’est une institution complexe qui enseigne les règles de vie dans la société sénoufo à travers les trois cycles d’initiations que sont : le Kouord, le Tcholo et le Kaffono.

  • Le Kouord la première étape, commence dès l’adolescence est l’initié a en charge l’exécution de certaines corvées. Il apprend des mots essentiels en langue vernaculaire, l’artisanat et également les rudiments de la vie communautaire et la pratique de certains sacrifices personnels.
  • Le Tcholo la deuxième étape, est l’étape du discernement sur l’essence de la vie. A ce stade l’on révèle plusieurs secrets sur la vie en communauté, la théologie et la philosophie.
  • Le kaffono et la troisième et la dernière étape qui mène à la connaissance suprême et l’accession au clan fermé et restreint des initiés masqués. Toutes ces étapes initiatiques ont lieu à l’intérieur du bois sacré « le sinzanga », hors du village. En somme, le poro est un art de vie qui se pratique toute la vie.

C’est cette vie que TripAfrique a voulu valoriser à travers son carnet de voyage sur les sites, les masques et les danses traditionnelles sénoufo. La découverte du pays sénoufo est rendue possible grâce à TripAfrique et à ses nombreux partenaires dans le secteur du transport, tels que SAMA, SABE Transport, SOUTRA Transport et MTD, pour ne citer que ceux-ci.

Crédit images : wikipedia.org, news.abidjan.netartisansdumonde.over-blog.com, mozaikwebradio.com, ivoiregion.netartisansdumonde-gerardmer.comartisanat-africain.com

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