Katia

Katia : découverte Tripafrique

J’étais loin de m’imaginer le village de Katia à travers la découverte TripAfrique cet après-midi dans un salon de coiffure. Mon regard est ‘’tombé’’ sur de très belles toiles tissées. Ces toiles, pas très larges servaient de décorations sur une partie des murs de la boutique. Elles étaient bien agencées et vraiment belles. J’étais si impressionnée, que je me suis renseignée sur leur origine. La coiffeuse m’a alors dit qu’il s’agissait de toiles fabriquées à Katia, un célèbre village de Tisserands à Korhogo.

Nouvelle génération, nouvelles habitudes, je regarde rapidement sur ma tablette et découvre ce village incrusté dans la savane herbeuse.

Venez avec l’équipe TripAfrique, nous programmons votre voyage dans ce célèbre village de tisserand.

Les activités du village de Katia

Katia est situé à une dizaine de kilomètres de Korhogo. Ce village dans le Nord de la Côte d’Ivoire et affilié à Korhogo (602 KM d’Abidjan au Nord) est à visiter absolument. Ici vous découvrirez des métiers d’arts transmis de générations en générations depuis des siècles.

Ce petit village est composé de Sénoufos et de Dioulas. Les premiers sont agriculteurs et éleveurs, tandis que les seconds maitrisent l’art du coton. Ils se livrent au tissage et au filage de coton. Des activités différentes mais qui sont complémentaires. Vous avez plusieurs choses à voir à Katia.

Les fileuses de Katia

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Les fileuses de coton vous expliqueront en détail et avec passion leur travail. En général, le filage est fait par les femmes à leur temps libre, elles filent inlassablement le coton qui servira à faire de jolies toiles, des habits ou des couvertures.

Après la récolte, le coton est séparé de ses grains. Ensuite la fibre végétale obtenue est mise sous forme de balles. Puis à l’aide d’un piquet, elles filent de manière encore traditionnelle l’or blanc entre leurs doigts. Après la filature, certaines fileuses feront la teinture de leurs fils, d’autres les vendront ainsi aux tisserands (premiers clients) ou à tout autre acheteur.

A Katia, le coton crée une communauté étroitement liée. Il existe plusieurs types de métiers qui proviennent du coton. Le filage, la teinture, la broderie, le tissage. Cette communauté vit dans l’unité, l’identité et dans une certaine continuité.

Les tisserands de Katia

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Les pagnes tissés à Katia tout comme dans les autres villages de Korhogo sont bien plus que des pagnes ou toiles tissées. En effet, elles révèlent l’identité culturelle (les pagnes tissés à Katia étant totalement différents de ceux tissés à Bomisanbo-Bouaké). Au-delà de cette identité culturelle, elle est un symbole de dignité et de reconnaissance.

Lorsque les bandes sont tissées, on les colle pour en faire un tissu plus large. Les broderies sont ajoutées au moment du tissage. Parfois, c’est après le tissage, que l’on fait des broderies sur le tissu. Ceci en fonction de la complexité de la broderie à faire. Parfois encore, après avoir tissé une bande, on y dessine des figures (têtes d’animaux, cases…) à l’encre. En général ces toiles ne servent pas au vêtement mais plutôt à la décoration. D’autres au contraire (les pagnes) ont plusieurs autres fonctions.

Les tisserands à Katia sont exclusivement des hommes. On apprend aux jeunes garçons à tisser. Ainsi dans des ateliers de famille, on transmet l’art de tisser de père en fils. Parfois, c’est un tisserand reconnu pour son habileté, ses belles toiles qui est en charge de former de jeunes disciples à cet art noble. Les tisserands sont très respectés et se sentent très honorés de voir les habitants du village porter ou utiliser leurs produits. Avant les crises militaires qui ont secoué la Côte d’Ivoire, le village de Katia était beaucoup visité par des touristes Africains, européens, asiatiques, américains. Ils venaient découvrir le métier du tisserand et surtout acheter de belles toiles de décoration ou encore de très beaux boubous artistiquement brodés.

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Le Gbofé à Katia

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 Le Gbofé, musique des trompes traversières des Sénoufo, des Tagbana et des Malinké de Côte d’Ivoire. Ce sont des initiés qui jouent au Gbofé, les sons émis sont bien des paroles ne pouvant être déchiffrées que par des initiés. Ainsi tout comme le Tam Tam parleur chez les peuples Akan, le Gbofé, en pays senoufo, plus précisément chez les Tagbanan est une façon de communiquer des messages avant et pendant des cérémonies traditionnelles de grande importance. Des musiciens font de la musique tandis qu’un autre initié traduit au public les sens, le message contenu dans leurs chants. Les messages véhiculés portent sur les remerciements aux ancêtres pour avoir protégé le village des esprits mauvais. Ça peut également être des demandes de protection adressée aux esprits des ancêtres. Parfois ce message peut être général, s’adressant à toute la communauté. Mais dans certaines circonstances, il peut s’adresser à une famille en particulier, au chef du village et notables dans la conduite des affaires du village.

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Le Gbofè est une musique traditionnelle qui joue un rôle social très important dans la culture Tagbanan.

Les cornes de Gbofè sont fabriquées à partir des racines de l’arbre Gbofè. Leurs tailles varient de 50 à 70 cm. Les grosses racines de cet arbre sont déterrées, nettoyées et sculptées. Elles sont sculptées à la machette et au couteau afin de creuser dans cette racine le passage des sons et de lui donner cet aspect de corne. Après avoir été travaillé minutieusement, il est passé au feu et ensuite recouvert de peau d’animal afin de le rendre plus beau. Le Gbofè est inscrit au patrimoine culturel immatériel en Cote d’Ivoire. Il a également été classé chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Cet art qui se transmet depuis des générations par la voie orale est donc protégée.

Le joueur du Gbofè jouit d’un respect au sein de sa communauté pour cet art traditionnel qu’il détient. Très peu de personnes dans les villages peuvent en jouer ou traduire les messages du Gbofè. https://www.youtube.com/watch?v=WrflsuPiZRw

Du 22 Novembre au 1er décembre 2012 se tenait pour la première fois à Korhogo, le Festival des Arts Sacrés de Korhogo (FASKO). Au cours de ce festival, le Gbofè a été joué à plusieurs reprises par différents maitres initiés, les uns aussi talentueux que les autres. De façon rythmée et dans la plus grande cohésion, des danseuses exécutaient des pas de danse et révélaient les messages que délivraient le maitre initié du Gbofè. C’était une belle ambiance et aussi une belle initiative pour valoriser le patrimoine culturel immatériel dans cette région. Chaque année, se tient ce festival. Je vous invite à ce festival durant votre passage à Katia. C’est une très belle expérience à vivre. Au cours du festival sont aussi vendues les belles toiles des tisserands de Katia. Sont aussi vendus les beaux pagnes et boubous savamment brodés pour le bonheur des touristes.

Découverte de Katia avec Tripafrique

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Pour vous rendre, ce n’est pas sorcier. Avec l’aide de TripAfrique, il vous suffit d’aller en ligne sur le site TripAfrique ou encore de les appeler. Ils vous indiqueront la meilleure compagnie de bus qui pourra vous conduire à Korhogo et Katia ainsi que les horaires. Cette compagnie de tickets de transport dématérialisés est fiable et très professionnelle. Ils vous font la réservation et la confirmation juste en quelques minutes sur votre téléphone ou votre email.

Conclusion

Katia est une zone rurale, et l’agriculture, l’élevage et l’artisanat sont encore à l’état primaire. Ce qui ne permet pas aux habitants de se suffire. Fort heureusement l’ASDAE (Association solidaire de développement alternatif et équitable) œuvre pour des conditions de vie plus décentes pour les populations. Vous également pouvez visiter ce village très versé dans la culture et permettre un mieux-être en achetant des toiles, des boubous ou autres.

Que ce soit à titre touristique, humanitaire ou autre, TripAfrique vous offre ce voyage dans le pays profond, au fin fond des savanes Ivoiriennes. Juste un clic avec TripAfrique et votre voyage sur Katia est réglé. N’oubliez pas de nous ramener de belles toiles tissées.

Crédit image : asde-webnode.fr, ci.geoview.info, Angeline Yegnan

2 réflexions sur « Katia : découverte Tripafrique »

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